
Découvert sur une cinquantaine de communes depuis juin 2010 en Haute Corse (cf site de la Fredon ), le Cynips du Châtaignier (Dryocosmus Kuriphilus Yasumatsu) est considéré comme le ravageur le plus important de cette essence au niveau mondial. Il est originaire de Chine, et a été introduit en Europe en 2002 par le Nord de l’Italie.
Cycle biologique du Cynips
Cette micro-guêpe est univoltine (une seule génération par an). On peut distinguer trois phases dans le cycle de l’insecte :
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Bourgeon d’apparence sain, hébergeant l’œuf puis la très jeune larve. A ce stade, la présence de l’insecte n’est pas détectable.
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Formation de la galle, avec développement de la larve, puis de l’adulte, au printemps.
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Vol de l’adulte, en été, au cours duquel a lieu la dispersion de l’insecte, lequel pond rapidement dans les bourgeons. La période de vol semble pouvoir s’étaler sur deux à trois semaines.
Dégâts causés par le Cynips
Le Cynips pond ses œufs dans les bourgeons latents et verts à l’aisselle des feuilles de la pousse en cours de croissance. Au printemps avec la reprise d’activité des larves, des galles se forment sur les jeunes pousses, les inflorescences et les feuilles. Les organes de la plante ainsi atteints ne se développent pas complètement du fait des déformations générées par les galles. La production de galles peut entrainer, selon les niveaux d’infestation:
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une perte de vigueur de l’arbre,
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une baisse de 50 à 80% de la production fruitière ;
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la mortalité des rameaux touchés, des branches, en particulier les années sèches. La mortalité de l’arbre entier n’intervient que sur des sujets déjà atteints par d’autres maladies.
Causes de cette dangerosité
-Le Cynips se reproduit facilement car tous les cynips sont des femelles parthénogénétiques (elles n’ont pas besoin de mâles pour se reproduire) et sont capables de pondre une centaine d’œufs par an sur en moyenne une trentaine de bourgeons.
-Les galles protègent le cynips pendant la majorité de son cycle, et rendent la lutte chimique inefficace.
-La dispersion du Cynips hors de son aire d’origine a été relativement importante ; elle expliquée par :
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L’absence de compétiteurs ou d’ennemis suffisamment dangereux,
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Une bonne capacité d’adaptation de l’insecte,
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La capacité de l’insecte à se faire transporter par l’homme sur de longue distance, non seulement via des plants touchés n’ayant pas encore de galles, mais aussi via les vêtements et les véhicules.
Ennemis naturels
Torymus sinensis est le parasitoïde naturel et spécialiste du Cynips du Châtaignier. Cet insecte est lui aussi d’origine chinoise et univoltin. Sa période de ponte se fait au moment du débourrement à la formation des galles. Le parasitisme n’empêche pas la formation des galles mais diminue fortement.
Il existe des Cynips sur Chêne, qui eux aussi ont des parasitoïdes. Ces derniers sont souvent généralistes et peuvent s’attaquer au Cynips du Châtaignier. C’est notamment le cas en Corse. Cependant leur capacité de parasitisme est faible.
Méthodes de lutte
Lutte Chimique : Des essais, utilisant des organo-phosphorés, ont été menés dans les années 60 au Japon. Les résultats se sont montrés insuffisants et la faisabilité en zone forestière est quasiment nulle. De plus ces pesticides affectent les parasites naturels du Cynips. Le recours à l'argile blanche (kaolin) permet de protéger les bourgeons de la ponte par le ravageur. Cependant cette méthode est difficile à mettre en oeuvre en châtaigneraie adulte. Elle reste une solution préventive intéressante en pépinière.
Lutte Mécanique : La destruction des rameaux touchés est intéressante surtout sur les jeunes plants, en pépinière, ou en jardin d’ornement. Elle semble difficilement applicable en castaneiculture.
Lutte Variétale : Un programme de création variétale a été mis en place au Japon et a conduit à la création de variétés résistantes mais des contournements de résistances ont déjà eu lieu. Aujourd'hui, on connait en Europe une seule variété résistante : Bouche de Bétizac.
Lutte Biologique : Le recours à l’auxiliaire Torymus Sinensis semble prometteur d’après les expériences au Japon, en Italie et aux USA. Aucune autre espèce d’auxiliaire n’a été lâchée ou introduite pour le moment. En Corse, un premier lâcher de Torymus Sinensis a été effectué le 27 mars 2011.
Les actions menées par l’AREFLEC
Suivi du cycle biologique du Cynips : Cet essai permet de déterminer le positionnement du cycle biologique du Cynips du Châtaignier en Corse. Avant la période de vol, des galles sont disséquées périodiquement, et les différents stades de développement du Cynips sont ainsi observés. Un suivi phénologique des Châtaigniers et l’évaluation du taux d’infestation sont en parallèle réalisés sur le site, hors période de vol.
Recherche de parasitoïdes : L’objectif de ce deuxième essai est d’effectuer un inventaire des parasitoïdes naturels du Cynips ainsi que d’évaluer le taux de parasitisme de chaque parasitoïde, naturel ou introduit. Les galles sont placées en éclosoir étanche pour observation les insectes émergents sont prélevés, comptés et pré-identifiés sous loupe binoculaire. Les insectes parasitoïdes sont ensuite envoyés à l’INRA de Sophia Antipolis, qui réalisera une identification biomoléculaire.
Sensibilité Variétale : Cet essai permet d’observer la résistance ou non de dix variétés utilisées par les producteurs inscrits dans l’AOP Farine de Châtaigne Corse – Farina Castagnina Corsa. Les plants évalués sont placés en pot sous serre étanche. Des plants témoins de variété très sensible (Marsol), de variété résistante (Bouche de Bétizac), déjà évalués en Italie, sont inclus dans le dispositif pour comparaison. La sensibilité au cynips sera évalué via le pourcentage de bourgeons infestés par variété.
Production de Torymus sinensis : Des plants de variété Marsol, très sensible au Cynips, sont placés sous serre étanche. Différents paramètres, sont évalués dès 2012 afin de définir les conditions d’élevage de l’auxiliaire. Les résultats de cet essai ne seront visibles que dans les années qui viennent.
Pour éviter la dissémination du Cynips, il est obligatoire et ce dès la détection d’un arbre contaminé sur un terrain privé (article l251-6 du code rural) mais également en forêt, ou dans des haies… de faire une déclaration rapide auprès de votre mairie ou du Service Régional de la Protection des Végétaux dont vous dépendez afin que des mesures soient mises en place dans les meilleurs délais.
Page rédigée par Océane Cabau (stagiaire BTSA APV) et Marine Blouin